• Page Facebook

  • Catégories

  • Archives

Conte illustré

Paul l’éveillé

Il était une fois, un petit garçon qui s’appelait Paul. Paul avait de doux cheveux blonds et de grands yeux bleus qu’il gardait toujours mi-clos. Un peu ouverts les jours de pluie ; un peu fermés devant la lumière.

Parce que son visage était aussi pâle que celui du rond Pierrot de Lune, celui-ci le priait chaque nuit de rejoindre son ciel étoilé. Mais Paul préférait ses longues promenades au bord des chemins. A la différence des passants, il ne se pressait pas. Il souriait sans fin, les pieds parfois mouillés par la rosée du matin.

Paul n’avait pas froid : frissonner est le privilège des gens heureux.

Le petit garçon ne connaissait pas le Sommeil ou les pleurs. Lorsque ses yeux cernés brillaient, il les écarquillait aussi fort qu’il le pouvait et étirait son visage en une douloureuse grimace. Son pauvre sourire préludait les larmes : mais Paul préférait garder ses rivières d’or.

Paul était aussi beau qu’une caresse. Aussi bête qu’une éclaboussure.

Parce que qu’il ne dormait jamais, le petit garçon ne sautait pas très haut. En vain il essayait d’atteindre les fruits mûrs du poirier, et pour finir devait se contenter des baies acides au pied de l’arbre. Il s’en gavait jusqu’à ne plus ressentir la faim, mais toujours l’odeur des poires mûres le poursuivait. Qu’importe le chemin qu’il pouvait alors prendre, elle le rattrapait. Désormais la pluie fine le glaçait et son visage portait les brûlures sévères du soleil.

Un jour que l’après-midi se faisait plus lourd et chaud qu’à son habitude, le souvenir sucré de l’odeur des poires empli soudain Paul de colère. Il brusqua son  pas nonchalant, devenu plus rapide encore que celui des passants pressés. Ses longues foulées le conduisirent jusqu’au pied du poirier.

Il s’y posta et de ses poings y porta un coup rageur. Le coup ébranla l’arbre, et, quelle ne fut pas la surprise du petit garçon en recevant au creux de ses mains une des lourdes poires !

Un immense éclat de rire secoua son corps tout à fait réveillé. Il riait si fort qu’il ne sentit pas sur ses joues pleines les ruisseaux clairs et scintillants. Les larmes se mêlaient au jus poisseux des fruits qui débordaient de sa bouche humide. En guise de mouchoir, Paul utilisa sa manche pour essuyer  sa figure.

O sans y prendre garde, ce geste furtif ferma ses yeux fatigués et Paul, adossé au tronc, s’endormit doucement.

Previous Post
Leave a comment

3 Comments

  1. danièle

     /  24 novembre 2010

    j’veux être une petite fille avec des fraises des bois au lieu des poires !!!

  2. danièle

     /  18 décembre 2010

    moi je l’aime si fort ce Paul avec ses chaussette dépareillées…

  3. maudida

     /  9 janvier 2011

    : )

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>